Apport de l’ostéopathie dans les troubles maxillo-faciaux.

/ Premiers signes chez le nourrisson /

L’ostéopathe peut intervenir dès la naissance chez le nouveau-né notamment lorsqu’il présente une asymétrie faciale (déviation mandibulaire…) ou des difficultés de succion.
Le traitement ostéopathique est facilité à cette période par la malléabilité des tissus.
 L’ostéopathe s’intéressera plus particulièrement aux structures impliquées dans la succion : l’équilibre des deux parties de la mandibule qui s’ossifieront entre 3 mois et 2 ans, la position de l’os hyoïde, et la liberté de fonction des nerfs faciaux et hypoglosses.
La normalisation de ces structures doit permettre de rétablir la fonction orale (notamment la succion-déglutition pour que le bébé puisse téter plus facilement) et permettre au développement de se faire par la suite dans de bonnes conditions mécaniques. La forme des arcades dentaires sera en grande partie le résultat de l’équilibre entre les contraintes des muscles qui les entourent : Si par exemple les muscles des lèvres sont trop toniques, les dents seront contraintes vers l’intérieur, et le sujet présentera une rétro-alvéolie… (Plus d’informations sur ce site). Veiller par un traitement ostéopathique au bon équilibre des structures musculaires du crâne semble donc judicieux.

Au fur et à mesure de l’apparition de la première dentition,  l’alimentation devient de plus en plus solide. Une fois que la mastication des aliments solides est bien acquise, le traitement ostéopathique ne parviendra plus à rectifier une anomalie de positionnement osseux – articulé croisé notamment – car les contraintes importantes de la mastication auront tendance à faire revenir les structures dans le schéma de dysfonction initiale. L’HAS recommande une consultation de dépistage chez tous les enfants à l’âge de 6 ans (Plus d’informations sur le site de l’HAS) afin qu’un traitement orthodontique puisse être mis en place au meilleur moment – parfois avant l’apparition de la denture permanente, pour s’appuyer sur la croissance.

/ Pendant un traitement orthodontique /

Un système bien équilibré a une meilleure capacité pour réagir et s’adapter aux contraintes. Cela s’illustre par exemple lorsqu’un métro démarre, un passager qui a veillé à prendre de bons appuis ne tombera pas… Ainsi les structures ayant été équilibrées par un traitement ostéopathique pourront mieux répondre et plus rapidement à l’application des forces correctrices d’un traitement orthodontique.
Pour veiller à cet équilibre, l’ostéopathe a une lecture systémique du corps : il s’intéressera non seulement au massif facial et à la sphère crânienne mais aussi à l’ensemble de l’organisation tissulaire du patient.
Le traitement orthodontique va agir sur la forme du massif facial
par l’application de force d’ordre minime mises en place sur un laps de temps assez long pour être efficace.
Cela implique, par exemple lors de la mise en place d’un fil de contention sur la mâchoire supérieure, une solidarisation des incisives médiales qui peut restreindre la micro-mobilité de la suture inter-maxillaire sur sa partie antérieure. D’un point de vu mécanique, un espace en perte de mobilité entraine, par phénomène de compensation, une sur-sollicitation d’autres parties. Le traitement ostéopathique visera à maximiser la mobilité des structures adjacentes qui vont jouer un rôle de « joint » avec le reste du système et limiter les répercussions à distance (modification de la posture, sensation d’inconfort, apparition de douleur…).

/ A la fin du traitement orthodontique /

Lors du retrait de l’appareil orthodontique, l’ostéopathe pourra être sollicité pour «relancer» la micro-mobilité au niveau des structures qui ont été sous contrainte durant l’appareillage. Comme le rouage d’un outil qui n’a pas fonctionné depuis longtemps peut parfois avoir besoin d’être mobilisé pour bien fonctionner.

Par ailleurs, l’apprentissage de fonctions orales correctes (phonation, mastication, déglutition…) est essentielle car si la dentition subit à nouveau des contraintes, elle risque de se déformer de plus bel après le retrait des bagues. Cela risque de survenir par exemple si la langue vient encore pousser sur les dents lors de chaque déglutition, cela correspond à la persistance d’une déglutition atypique.
En parallèle des moyens classiques de rééducation (orthophonie, rééducateur fonctionnel) l’ostéopathe veille à libérer l’ensemble des structures impliquées dans la déglutition type sujet denté (muscle ptérygoïdien, temporal, nerf trijumeau notamment) et à ce que la synergie musculaire droite/gauche soit optimale pour une mastication alternée équilibrée et une déglutition physiologique.

Sources et références

  1. Publication de l’équipe de l’Hôpital Robert Debré : Roselyne Lalauze-Pol, Séverine Lambert, Patrick Fellus, Monique Elmahed, Selim Bennaceur, L’analyse de la base du crâne, dans les premières années de vie, une approche complémentaire du diagnostic et du traitement des classes II et III. Actualités Odonto-Stomatologiques 2009; 246:179-189. Lire l’article.
  2. Orthodontie globale pédiatrique : voir le site internet.